Fall

Malade

Lundi 04/03/19 :

Lundi 18 (février) je suis retournée à l’hôpital pour mon rendez-vous avec la gynéco et pour les résultats d’analyse de mon prélèvement. J’ai donc été auscultée à nouveau, touchée etc… Pas de douleur, kyste disparu mais petite lèvre légèrement plus gonflée que l’autre après cet épisode… Elle a donc conclu que j’étais "guérie à 100%" et je m’en doutais déjà un peu même si j’ai eu du mal à contenir mon angoisse face à cette feuille de papier entre ses mains, la fameuse réponse, le pourquoi du comment…

"Un staphylocoque".

Un staphylocoque ? Quel genre de staphylocoque ? ! Y en a qui sont vraiment dangereux !
Je me répétais intérieurement ces mêmes questions en boucle pendant qu’elle examinait silencieusement le bout de papier, le visage impassible. Je croyais presque jouer ma vie dans ce bureau, je me demande parfois si je ne souffre pas un peu d’hypocondrie… Au final, je l’admet, il ne s’agissait pas d’une bartholinite car pas située à côté de l’entrée du vagin, ce n’était qu’un kyste plus haut dû à une infection au staphylocoque, un staphylocoque naturellement présent sur la peau humaine. La seule explication que j’ai trouvé pour comprendre comment j’en suis arrivée là serait que j’ai dû me couper quelque part en me rasant le maillot sous la douche. Une bactérie, une coupure superficielle, et voilà…

À la fin du rendez-vous la gynéco m’a demandé avec un grand sourire si elle me reverrait "bientôt avec un petit bébé", sous l’effet de la surprise je n’ai pas su comment répondre et me suis contentée de bégayer un "peut-être un jour..." qui signifiait en vérité "bien sûr que non !".
Elle m’a également prise pour une vierge lorsque je lui ai confié être certaine de ne pas avoir été porteuse de la moindre IST avant qu’elle ne me donne les résultats d’analyses et m’a également crue célibataire quand j’ai voulu clarifier la nature de ma relation avec le petit-ami de ma belle-sœur. J’ai eu droit à des paroles rassurantes pour que je ne m’inquiète pas au sujet de ma vie amoureuse et sexuelle d’autant plus que je suis belle selon elle. Ayant eu mon compte de quiproquos pour la journée, ne voulant pas étaler les difficultés de ma vie de couple, et parce que la salle d’attente était pleine, j’ai décidé d’en rester là.
Suite à toute cette histoire d’infection, je n’ai plus osé me raser durant quelques jours et ai brièvement envisagé de laisser tranquille mes poils pubiens.

Puis j’ai rasé.

Le temple va bien et reste sûrement gardé et protégé depuis.

Je suis rentrée hier soir d’un week-end à Center Parcs et en toute honnêteté je regrette de ne pas être restée chez moi...
Je ne voulais déjà pas y aller à la base pour plusieurs raisons, mais j’ai fini par céder lorsque Monsieur m’a appelée vendredi soir et a longuement insisté.
J’ai tiré la gueule durant tout le séjour, laissé traîner ma plaquette d’antidépresseurs à la vue de tout le monde et ai dormi sur le canapé. Il y avait de la place pour moi aux côtés de Monsieur dans notre chambre mais il n’était pas question que je dorme à nouveau en sa présence et je n’étais pas disposée à faire l’effort pour ne pas inquiéter nos amis. Tout le monde s’est posé des questions en me voyant dormir encore vêtue de mes vêtements de la veille sur le canapé du cottage que nous avions loué au lieu de partager le lit avec mon chéri. Mes amis me réveillaient tous les matins lorsqu’ils préparaient le petit-déjeuner en chuchotant et racontaient leurs rêves. Le copain de ma belle-sœur a rêvé que son réveil sonnait à 4h du matin pour qu’il parte travailler et lorsqu’il a ouvert les yeux il s’est demandé où il était et ce qu’il avait fait pour atterrir ici, il croyait être en retard au travail, c’est probablement la seule fois dans tout notre séjour où je me suis réveillée en riant.
À l’heure d’aller à la piscine j’ai prié intérieurement pour ne pas être obligée de suivre le groupe et annoncé avoir oublié mon maillot de bain chez moi en faisant ma valise dans la précipitation mais me suis retrouvée bien malgré moi dans la boutique du parc à essayer des maillots de bain hors de prix trop petits pour mes seins avantageux et qui ne me plaisaient pas. Au bout d’un certain temps j’ai finalement choisi de lâcher l’affaire et laissé croire à ma belle-sœur que je suis complexée par mon poids et que je ne veux pas m’exposer aux regards d’inconnus dont je me moque complètement en vérité. Le but était en fait de retourner seule au cottage et dormir jusqu’au retour du groupe, de ne pas être touchée par Monsieur qui a les mains baladeuses et le priver de la vue de mon corps en petite tenue, je sais déjà que je lui plais mais n’ai pas envie de le séduire.
Il s’est emporté et a crié dans la boutique mais je n’ai pas cédé, je n’allais pas me forcer à me baigner avec la bande, me faire tripoter sous l’eau et faire semblant de m’amuser pour faire plaisir aux autres en ignorant mes propres envies… Il avait déjà gagné une grosse bataille en me faisant venir ce week-end, j’estimais que c’était suffisant.
Ma belle-soeur gardait son calme et s’est montrée plus compréhensive mais j’ai vu dans son regard toute la déception qu’elle ressentait d’autant plus que c’était pour son anniversaire que nous sommes allés à Center Parcs. Juste un regard et j’ai failli flancher une seconde fois mais la colère de Monsieur a nourri la mienne et je l’ai suivi hors de la boutique à la recherche du reste du groupe puis nos chemins se sont séparés, sa sœur l’a accompagné dehors pour apaiser les tensions et glaner des infos sur la situation de notre couple (je présume) et j’ai rejoins les autres autour de quelques boissons chaudes jusqu’à ce que Monsieur me demande de le rejoindre dehors pour discuter. Il m’a demandé : "si tu m’aimes encore embrasses-moi et si tu m’embrasses pas c’est que tu m’aimes plus", j’avais envie de lui rire au nez et lui demander de me rappeler son âge pour être sûre que j’étais bien en couple avec un adulte et non pas un petit adolescent de 13 ans...
Je dois aussi cocher une case sur un bout de papier pour dire si oui ou non je veux sortir avec lui tant qu’on y est ?
Comme quoi, les hommes plus âgés ne sont pas forcément plus matures…

Le regard plein de déception de ma belle-sœur m’a vraiment culpabilisée, j’ai été dans cet état d’esprit tout le week-end. Je n’ai eu de cesse de me répéter que tout le groupe était déçu de ne pas profiter de ce séjour avec moi, de me voir rester à l’écart, dormir toute seule sur le canapé jour et nuit, ne pas faire le moindre effort pour faire plaisir à qui que ce soit. Si je n’avais pas été engloutie par la dépression au même moment, ça m’aurait plu, j’aurais été enjouée et aventureuse, du moins, dans les limites du possible, ce parc est très centré sur les familles, les activités et attractions sont particulièrement adaptées aux enfants, les groupes d’amis dans la vingtaine ne représentent pas le publique visé et c’est en partie pour ça que je ne voulais pas venir.
De temps en temps lorsque je suivais le groupe en traînant des pieds j’apercevais du coin de l’œil ma belle-sœur et son petit-ami ou mon beau-frère et sa copine s’embrasser tendrement, se câliner sans la moindre pudeur au milieu des autres vacanciers et éprouvait une sorte de révolte, je me sentais obligée de faire la même chose avec Monsieur, obligée d’être heureuse en couple et le montrer mais ne les jalousais et ne les enviais pas une seule seconde, au contraire j’espérais que Monsieur ne les voit pas faire pour qu’il n’ait pas l’idée de les imiter…

Le samedi soir nous sommes tous allés dîner au Jungle Circus, un restaurant avec buffet à volonté que je ne recommanderai pour rien au monde, les serveurs étaient désagréables, la vaisselle dégueulasse, c’était à se demander s’ils la lavaient et lorsqu’un de mes amis a demandé à se faire remplacer son verre pour un plus propre on lui en a ramené un aussi sale que le précédent, quand à la nourriture, il y avait déjà peu de choix mais elle n’était en plus pas terrible, je ne suis d’ordinaire pas difficile mais ce soir-là je n’ai rien fini et me suis sentie mal avant même d’avoir quitté les lieux.
Autour de la table mon beau-frère et sa copine se sont embrassés, je les ai vus du coin de l’œil mais impossible de les rater, leur désir et leur amour tout neuf inondaient la pièce, me mettait presque mal à l’aise et Monsieur ne les a pas loupés non plus… Alors il a voulu faire pareil, il m’a embrassée en couvrant ma bouche de salive comme à son habitude et je n’ai pas fermé les yeux, chaque fois qu’il s’approche de mon visage j’ai beaucoup de mal à empêcher un geste de recul, à ne pas tourner la tête pour que son baiser s’échoue sur ma joue et pas sur mes lèvres...
Il y a très longtemps que je ne lui permets plus de pénétrer ma bouche avec sa langue…

Le lendemain avant notre départ un sacré génie a choisi de nous faire manger à Quick, là non plus la satisfaction n’était pas au rendez-vous et personnellement je me doutais qu’il fallait s’y attendre, quelle idée de choisir cet endroit pour déjeuner...
Les employés du Quick de Center Parcs ne se sont pas montrés plus aimables à leur tour, nous étions attablés à côté de la porte menant à la plonge du fast-food par laquelle une nana à peine plus âgée que nous entrait et sortait, d’humeur joueuse, l’un de ses collègues s’est amusé à lui jeter de l’eau dessus alors qu’au même moment elle ouvrait la porte de service et mon beau-frère et moi avons été aspergés. Suite à ça aucun regard n’a été lancé dans notre direction et aucune excuse n’a été formulée à notre attention.