Fall

« Espèce de Junkie ! »

Je voulais juste du diprosalic moi…

J’ai réussi à avoir enfin un rdv chez ma généraliste il y a deux semaines et c’est une interne qui m’a prise.
Je lui ai demandé la lotion et la pommade parce que je suis en crise à force de n’avoir plus rien appliqué sur mes plaques depuis des mois faute d’avoir quelqu’un qui réponde chaque fois que j’appelais, je me gratte jusqu’au sang et je sème des peaux mortes dans toute la maison, c’est invivable !
Donc qui dit psoriasis dit état nerveux ! Elle m’a cuisinée et je suis très facilement passée à table :
Oui je suis anxieuse h24, en particulier au réveil avec des palpitations, oui je fais des cauchemars, oui j’ai des idées noires, envie de me faire du mal tous les jours et oui ce sont des images très réelles et précises que je me traîne depuis des années maintenant et que j’essaie d’ignorer parce que je ne sais pas comment faire autrement…

Je n’ai pas l’impression qu’un psychiatre me donnera l’aide que j’attends et je n’ai pas envie d’être encore sous antidépresseurs, ça me déprime tellement de me voir obligée de passer par ça… Bon j’avoue que je lui avais aussi demandé des anxiolytiques, je lui ai parlé de ce flacon de bromazépam quadrisécable périmé dans un tiroir que j’aurais très vite consommé si la date limite le permettais et j’aurais sûrement même dépassé la dose des 4 morceaux autorisés par jour, j’angoisse pour tout et n’importe quoi, l’avenir me fait très peur et les actualités n’en parlons même pas !

J’avais un plan :

Traiter mon psoriasis, rouvrir un compte en banque, acheter quelques vêtements dont j’ai besoin mais pas spécialement envie pour passer des entretiens et spammer de lettres de « motivations » et de CV tous les endroits où je pourrais peut-être être embauchée, que ce soit en CDD ou CDI peu importe je veux faire rentrer de l’argent et repasser mon permis et ensuite voir pour une voiture, peut-être enfin un CDI et là, ET LÀ ! Me concentrer sur mon projet secret en dehors de mes heures de taff alimentaire !

Au lieu de ça la nana m’a envoyée aux urgences voir un psychiatre et m’a donné rdv pour jeudi dernier pour mon diprosalic, je comprends toujours pas pourquoi j’ai pas pu ressortir de là avec cette foutu ordonnance, l’un n’empêche pas l’autre ? Et après avoir poireauté un moment un psychiatre est enfin arrivé dans la salle où on m’a fait passer des tests. J’ai eu un petit sursaut intérieurement quand je l’ai vu, il m’a rappelé ce gynécologue à Avignon qui m’avait ordonnée de retirer ma culotte avant de m’installer sur la table d’examen et d’écarter les cuisses pour m’insérer cette espèce de sonde afin d’estimer depuis quand j’étais enceinte, il insistait et avait l’air énervé parce que d’autres personnes avaient besoin de cette salle et on l’avait fait écourter sa pause déjeuner en vitesse pour moi. J’étais ressortie de l’hôpital en larmes…

Du coup ce psychiatre qui lui ressemble m’a demandé si je voulais bien qu’il me garde un ou deux jours dans l’hôpital pour me surveiller et je me suis tout de suite imaginée que si j’acceptais j’allais rester plus longtemps qu’on ne me le ferait croire et j’ai tout de suite refusé, je serais mieux à la maison et il m’a laissée partir avec une ordonnance en me faisant promettre d’appeler pour avoir un rdv de suivi avec lui… Je n’ai pas eu le courage d’aller le jour même à la pharmacie alors que j’avais déjà marché 20 minutes pour aller chez ma généraliste et ensuite 15 minutes pour l’hôpital, il me fallait au moins 30 minutes pour rentrer chez moi… Je ne me sens pas capable de faire plus d’une choses par jour… J’ai repoussé mon passage en pharmacie jusqu’à mercredi et j’ai donc pris mon nouveau traitement avec une semaine de retard.

Ah si j’avais su ce qui m’attendais !
Je dors jour et nuit !
Lorsque j’essaie de me traîner hors du lit j’ai des vertiges et tout tangue autour de moi, j’ai autant d’équilibre qu’un bébé qui fait ses premiers pas et j’ai troubles de l’attention, de la mémoire et de la parole. Parfois je vois double et j’ai eu 2 ou 3 petites hallucinations.
J’étais invité à une soirée chez les parents de Glynis hier. Je devais prendre une douche et j’étais inquiète à l’idée de m’endormir sous l’eau ou de glisser, m’éclater la figure sur le carrelage en sortant même… Au final je n’ai pas pu profiter de la soirée vu comme j’étais défoncée et en même temps je sais que je n’ai pas non plus raté grand-chose quand Glynis s’est écriée « et si on faisait un blind test ? !  » avant que mes yeux ne se referment tous seuls. Quand Monsieur m’a réveillée pour partir elle était en train de chanter à tue-tête sur Titanic, quelle lourdeur cette meuf…

Je sais que je dois appeler le psychiatre ou ma généraliste pour leur parler des effets du traitement mais ça ne répond jamais ! Autant l’un que l’autre ! J’ai essayé de reporter mon rdv jeudi et d’expliquer ma situation entre deux somnolences mais ça sonnait occupé comme d’habitude alors que la secrétaire était normalement encore présente et je n’ai toujours pas de rdv avec le service psychiatre de l’hôpital… Puis je crains de ne pas arriver à me faire comprendre au téléphone vu mon état… Je vais attendre le retour de Monsieur et lui demander de m’accompagner jusqu’à l’hôpital je pense… Je suis incapable de marcher seule jusque là-bas et qui sait ce qu’il pourrait m’arriver si quelqu’un voyait dans ma situation une opportunité malsaine ? J’ai besoin de m’appuyer sur les murs, les meubles et les voitures pour avancer sans trébucher ! J’ai surligné au fluo rose tous les effets secondaires que je ressens sur les 3 notices, alprazolam, paroxetine, zopiclone, c’est à peu près les mêmes sur les 3 donc je ne sais pas lequel est responsable de quoi et j’ai pas le droit d’arrêter le traitement d’un coup toute seule car je risque un effet rebond de mes symptômes dépressifs…
J’ai la nausée et je vais pas tarder à retourner comater…

Je voulais juste du diprosalic putain…