Fall

Drama

Je veux devenir une meilleure personne.

Je le veux vraiment et pourtant je continue de me comporter comme une vraie conne…
Je veux reprendre ma relation avec Monsieur sur des bases saines, je veux être saine, je veux arrêter de me détester, de me trouver si laide à l’intérieur, de me culpabiliser. Depuis un petit moment j’essaie de faire des efforts, petit à petit acquérir de bonnes habitudes etc et apparemment mon entourage le remarque aussi et pourtant… Et pourtant j’ai recommencé.

J’ai foutu la merde encore une fois. Mais avant ça je vais essayer de poser un peu le contexte !

Dû à ma dépression j’ai passé énormément de temps assise ou allongée à la maison, plus de 8 heures par jour et 7 jours sur 7, ce qui veut dire par conséquent que ma masse musculaire a beaucoup fondu mais mon corps a quand même aussi dans le même temps accumulé beaucoup de graisses et probablement encore plus dans les périodes où je ne mangeais plus parce que j’allais trop mal pour ne serait-ce que m’alimenter… Donc me voilà depuis plusieurs mois à me sentir horriblement mal dans ma peau, à détester mes bras, mes fesses, mon ventre, mon dos, mes cuisses, mes joues, ce double menton qui se dessine timidement… Je ne peux plus porter mes vêtements préférés avec une paire de bottines à talons ou des escarpins et c’est très difficile à vivre pour une fille comme moi qui suis une véritable gonzesse jusqu’au bout des ongles. Fan de Barbie et les Winx durant l’enfance et passionnée de mode depuis toujours, je suis obligée de me trimballer en hoodie, jogging et baskets même quand je vais au resto ou en soirée et que j’aimerais pouvoir faire un peu plus d’effort quant à mon apparence.

JE NE RECONNAIS PAS MON CORPS.

Je passe beaucoup de temps à me déprécier et à perdre toujours un peu plus confiance en moi, j’en viens à m’estimer indigne d’être aimée…
Monsieur ne sait que me tripoter comme une poupée gonflable et me réclamer du sexe, chaque compliment sur mon apparence est accompagné d’un regard lubrique et d’attouchements. Il ne me parle et ne me touche que pour me demander du sexe. Lorsqu’il ne me m’adresse pas la parole pour me faire comprendre qu’il a envie de me la mettre c’est pour porter aux nues sa collègue qui il y a quelques années a trouvé drôle de lui demander de lui passer la bague au doigt et lui est rentré dans son petit jeu et a poursuivi dans la blague, « oui avec plaisir », « j’ai eu ma paie bébé ! », déjà jalouse, j’étais hors de moi, me sentais trahie et dans le besoin de me venger et je les ai affichés sur les réseaux, je croyais que ça les avait calmés…

Donc depuis des semaines, des mois, Monsieur rentre du travail et passe la soirée entière à côté de moi sur le canapé sans m’adresser la parole et à discuter sur Snapchat avec sa collègue, parfois jusqu’au coucher et qu’il a vue toute la journée, qu’il voit toute la semaine, qu’il voit plus que moi.

• Le mec de cette fille est pas assez bien pour elle, elle mérite tellement mieux.

• Pauvre d’elle, elle a fait une dépression post-partum, elle avait besoin de Monsieur.

Monsieur et elle sont « identiques et complémentaires ».

• Ils s’entendent tellement bien.

• Ils tombent toujours d’accord sur tout c’est trop bien.

• « Avant c’était sa collègue, finalement son amie, maintenant « sa meilleure amie ».

• Elle est tellement gentille.

• Elle est tellement drôle.

• Dans telle et telle situations elle ne va pas juger.

• La pauvre elle se sent laide après sa grossesse alors qu’elle est toujours aussi belle, il lui fait des compliments puisque Ducon en est incapable lui.

Monsieur comble ses attentes contrairement à Ducon.

• « La grossesse lui a fait du bien parce que ça lui a fait gagner un peu plus de formes » et elle a un corps encore plus beau qu’avant.

Monsieur est totalement son style de mec.

• Au boulot tout le monde fantasme à l’idée qu’elle et Monsieur soient en couple.

• Au boulot les gens font des allusions et font courir des rumeurs sur ce fantasme.

• Au boulot des gens fantasment sur l’idée que Monsieur soit le père de son fils.

• « Voilà le plus beau couple de la boîte ! ».

• Ils se font régulièrement des câlins mais toujours quand Ducon et moi ne sommes pas présents.

• Elle a posé sa tête sur son épaule à la pause déjeuner quand ils étaient assis à côté l’un de l’autre. Une collègue a menacé d’envoyer une photo de la scène à Ducon.

• Ils sèment le doute dans l’esprit de leur chef quant à la nature de leur relation pour s’amuser et essaient de trouver une façon de lui donner l’illusion qu’ils se sont embrassés sans vraiment s’embrasser.

• Ils sont une fois restés ensemble aux archives après l’heure de débauche pour faire jaser tous ceux qui se mêlent de la vie privée d’autrui.

• Le changement dans sa voix quand il évoque sa vie sexuelle libre si jamais elle quitte son mec. Fallait entendre ça ! (Sarcasme)

• L’expression sur son visage lorsqu’on évoque sa vie sexuelle libre si jamais elle quitte son mec. Fallait voir ça ! (Sarcasme)

• Il espère que si elle rompt, elle n’ira pas coucher avec plein d’hommes. Il me l’a dit avec l’air dépité.

• La façon dont il a regardé son bébé à une soirée barbecue chez mon beau-frère.

• Il évoque souvent l’hypothèse de se mettre en couple avec elle si jamais on se séparait en concluant par des excuses concernant leurs forts caractères, le fait qu’elle soit mère, etc. Donc c’est « non » pour lui, j’ai pas à m’en faire. (Mouais… Il a l’air de beaucoup se projeter dedans quand même…)

• Il lui a soufflé un baiser sous mon nez la veille de son anniversaire quand elle est passée apporter des chaises.

• Il m’a tannée pendant des semaines avec son espoir de la voir se pointer à la soirée à l’approche de son anniversaire. C’était vraiment l’invitée VIP de la soirée.

• Il prévoyait de s’enfermer avec elle dans notre chambre pour emmerder Ducon si jamais elle allait venir avec et que du coup elle devrait coucher son bébé au cours de la soirée tandis que Ducon allait profiter de la compagnie de nos amis et faire le malin auprès d’eux plutôt que s’occuper de sa famille.

• Il me cache l’écran de son portable quand ils s’écrivent sur Snapchat.

• Il branche des écouteurs à son portable pour écouter les messages vocaux qu’elle lui envoie en ma présence ou sort de la maison pour le faire afin que je n’entende pas.

• Il quitte la pièce ou la maison pour répondre à ses messages.

• Il ferme vite la fenêtre de conversation lorsque je m’approche de lui.

• Il se plaint et se confie à elle au sujet de notre relation.

• Il s’identifie à elle et m’identifie à Ducon lorsqu’il compare nos couples. Souvent si ce n’est toujours.

• Sa mère lui a apparement récemment reproché d’avoir fait du « rentre-dedans » à cette nana lors de sa soirée d’anniversaire et d’avoir passé très peu de temps à mes côtés. (Wahou, même sa mère a vu quelque chose que j’ignorais quoi…)

• La dernière fois qu’elle est venue et qu’on a mangé ces fameux sushis avec César, ma belle-sœur et « notre » nièce, il parlait tout mielleusement à sa collègue et ne la quittait quasiment pas des yeux de toute la soirée.

Et j’en passe… De mon côté je fais de mon mieux pour me rassurer, ils sont juste amis et je me monte la tête pour rien et je suis beaucoup trop jalouse et je dois faire un travail sur moi-même parce que j’ai beaucoup d’insécurités et je vais pas tomber dans la facilité et ce cercle vicieux et commencer à fouiller, à faire des remarques comme fait Ducon, ça lui fait du bien de lui parler et la voir, je veux encourager cette amitié qui est saine pour lui, je vais pas commencer à lui interdire des choses sinon où vais-je me mettre des limites ? Je vais pas commencer à ruminer en boucle et interpréter tout ce qu’il me dit, me remémorer la tête qu’il fait quand il l’imagine dans l’intimité avec d’autres mecs, c’est toxique et on banni la toxicité, moi je vais me montrer mieux que ça ! Etc…

J’étais contente de moi ! J’étais contente de me voir fournir tous ces efforts pour rester calme et mesurée, pour changer… Changer pour moi, pour lui, pour elle, pour tout mon entourage… Pff…

Et donc au milieu de tout ça j’essaie d’avoir plus de gestes et paroles tendres envers mon copain, de me montrer plus présente, plus à l’écoute et surtout, SURTOUT de communiquer plus !

Je suis mutique depuis l’enfance, m’exprimer c’est ma bête noire ! L’idée de dire haut et fort ce que je pense, ce que je ressens, ça active une alerte au danger, un état de stress et de peur dans mon cerveau tels que je ne me sens pas capable de gérer ! Ne pas répondre à une question que l’on me pose c’est ma « solution » pour me mettre en sécurité. Me fermer comme une huître, me changer en mur lorsque l’on me dit quelque chose qui me fait du mal d’une quelconque manière c’est ma « solution » pour me mettre en sécurité. Je n’arrive pas à communiquer sans me sentir en danger, je suis constamment sur mes gardes, je vis comme ça depuis bientôt 26 ans et ça m’empoisonne la vie et mes relations sur tous les plans, même professionnels ! Merci à ma bouffonne de mère !

Alors il en profite, il ramène encore sur le tapis les sujets les plus tabou entre nous et il me pose plein de questions et je mets du temps à répondre, je sers les dents mais parce que je veux changer je prends sur moi et je parle avec la voix qui tremble, le cœur qui palpite, les larmes qui montent, ma gorge serrée me fait mal et mon regard évite à tous prix le sien, va et vient sur la porte la plus proche dans la pièce, les mots mettent du temps avant de sortir, mes pensées refusent de s’organiser…
Tout ce qu’il me donne c’est des compliments sur sa collègue entre deux « t’as pas à t’inquiéter je veux pas d’elle, on s’est disputés toute à l’heure ! » et des « On fait l’amour ? ».

Avant-hier il insistait beaucoup pour qu’on couche ensemble. Physiquement je sentais que j’en avais pas le besoin mais surtout mentalement c’était impossible pour moi. Quid du romantisme et de la tendresse pour alimenter le désir ? On est un couple ou bien des acteurs pornos ?
J’avais vraiment pas envie mais avec un peu (beaucoup) de temps j’aurais pu me forcer un peu pour lui faire plaisir et lui montrer que je veux faire des efforts et enfin obtenir de l’attention sans que ce soit forcément lubrique. Le problème c’est que du coup j’avais peur de dire non comme toujours et si j’avais le malheur de trouver une excuse pour dire non sans dire non il allait s’énerver. Si je dis non il s’énerve ou alors me demande pourquoi et s’énerve et si je trouve une excuse il s’énerve. Quelle est ma marge de manœuvre ?
« Plus tard ». C’était ma réponse mais il s’est énervé quand même et alors là j’avais vraiment vraiment plus envie du tout, et j’ai tenté de « négocier » une meilleure approche pour ne pas avoir l’impression encore une fois de passer du coq à l’âne mais il préférait repousser à après le sexe. La priorité c’est la chair, les sentiments et la tendresse c’est optionnel !
C’est comme ça tous les jours quasiment. Le soir venu je voulais à tous prix éviter encore une crise à ce sujet et j’ai tapé dans le zopiclone et l’alprazolam qu’on m’a récemment prescrits pour dormir comme ça j’avais une échappatoire et je pensais que ça m’assommerait vite puisque c’était le cas la dernière fois mais ça m’a seulement donné la nausée et la tête qui tourne. J’avais même pris une petite infusion « nuit tranquille » ou je ne sais quoi en complément.

Minuit, 1h du matin, 2h, 3… Je n’ai toujours pas fermé l’œil et tous les détails de cette amitié si forte défilent dans ma tête, je suis là et en même temps ce n’est pas moi à un moment donné…
C’est difficile à décrire parce qu’il y a certains éléments assez flous dans mon esprit… Je suis passé plus ou moins en mode automatique, ce n’est pas vraiment ça mais je ne sais pas comment mieux l’expliquer… En fait je crois que c’était une expérience de dépersonnalisation, l’un des effets secondaires des médicaments.

« Attendre qu’il soit endormi, que je l’entende ronfler, prendre son portable, aller voir pourquoi je ne dois rien savoir alors que soi-disant je n’ai rien à craindre ».

J’ai eu ces pensées en tête. Un bref instant, et en même temps j’ai l’impression qu’elles ne venaient pas de moi, que je n’avais pas le droit d’y avoir accès, quand j’essaie de m’en rappeler c’est tellement flou ! C’est vraiment très étrange. Sûrement un effet secondaire de je ne sais lequel des deux comprimés ou bien des deux ensemble.

J’avais prévu de me lever pour aller écrire dans le salon. J’avais prévu de prendre un bloc-notes et un crayon dans ma table de chevet pour noter ce que j’ai en tête en ce qui concerne le sexe entre nous puisqu’il faut bien qu’on parvienne à communiquer sur le sujet, et mon ressenti vis à vis de ça et de sa façon d’amener le sujet sur la table mais aussi de m’en réclamer, histoire d’organiser un peu mes idées plus tard…

1. Écrire à chaud les mots qui me viennent, les mots qui correspondent à ce que je ressens et identifier ce que je ressens parce que je n’en suis pas toujours sûre.
2. Tout relire le lendemain matin et réfléchir à tête reposée, reformuler clairement et proprement sur un autre support… On dit que la nuit porte conseil…
3. En discuter calmement sur le canapé avec Monsieur.

Voilà, c’était ça mon plan. Puis je sais pas comment ni pourquoi, cette idée est passé en coup de vent entre mes deux oreilles…
J’ai attendu qu’il s’endorme et quand je l’ai entendu ronfler je me suis levée du lit, j’ai posé sur ma commode ce que j’avais dans les mains à côté de son portable que j’ai débranché et emporté jusque dans la cuisine et là j’ai essayé de vite ouvrir Snapchat mais encore fallait-il que j’apprenne comment fonctionne son Android, moi j’ai un IPhone sous IOS, et que je trouve où était cachée l’application, mais il ne dormait pas assez profondément et il s’est levé aussi et est venu voir ce que je faisais, il avait tout de suite compris, il ne fallait pas que je vois ce qu’il mijotait avec sa collègue dans mon dos, surtout pas ! J’ai eu tout juste le temps de voir ce message, le plus récent, il l’avait envoyé juste avant de venir se coucher à côté de moi, de me souvenir qu’il commençait par « Désolé chaton », qu’il était question des beaux sourires qu’elle esquisse, qu’il avait hâte d’être au lendemain pour lui faire un gros câlin et de ces trois emojis emplis d’amour à la fin du message, les cœurs rouges qui ponctuaient le fil des conversations de ces derniers mois, d’un « I love you ❤️ » de sa part à lui plus haut dans le fil auquel elle avait répondu « me too » avec un emoji aux yeux en cœurs ou je ne sais quoi… Trente secondes tout au plus et j’en avais déjà pris plein les yeux. Je dois admettre que c’était tellement plus que ce que j’aurais pu m’imaginer, je suppose que c’est dû au fait que je m’interdisais justement de me faire des films. Je l’entendais se lever du lit dans la chambre et s’approcher dans le noir jusqu’à ce qu’il atteigne la cuisine où je me trouvais, déterminé à me prendre la main dans le sac, il m’a demandé ce que je faisais pendant que je me servais à boire puis m’a réclamé son portable que j’avais posé tout en haut de l’étagère face à moi dans la précipitation. Il avait beau avoir allumé la lumière, il lui a fallut plusieurs minutes pour l’apercevoir au dessus de nos têtes puis il l’a déverrouillé. J’espérais qu’il retourne se coucher pour que je puisse en lire plus.

Je refusais d’entamer la conversation tant qu’il ne me remettait pas son portable entre les mains, qu’il ne me donnait pas le mot de passe qu’il venait d’installer juste après la révélation, je tenais à re-jeter un œil à ce dernier message qu’elle allait avoir le bonheur de lire en se réveillant dans quelques heures pour bien entamer sa journée. J’avais eu trop peu de temps pour imprimer dans ma mémoire ce que je venais de lire et en avais besoin pour appuyer ce que j’avais à dire et avais prévu d’écrire dans mon coin.

Globalement je criais et pleurais face à lui dans notre chambre après qu’il ait cédé à mon caprice et qu’il m’ait lancé un « ça y est t’as lu t’es contente !». Comment je pourrais être contente ?!

Je ne suis qu’une paire de seins, un cul, un vagin sur pattes ! Je suis constamment et uniquement objectifiée mais madame la collègue elle, a de la tendre romance, un surnom mignon, du temps, plus d’emojis amoureux que moi la copine officielle, de l’attention et un fort lien émotionnel !

Je fais des efforts pour avoir enfin l’impression que je ne suis pas qu’un corps, pas une machine à baiser et rien d’autre à ses yeux pendant qu’il me fait bien comprendre que sa collègue/meilleure amie a tant de qualités, qu’il tient tant à elle, qu’elle est tellement de choses !

Au final c’est vraiment juste de l’amitié, les « je t’aime » qu’ils s’échangent très régulièrement sont des « je t’aime en tant qu’ami.e » mais abrégés et les cœurs, les « Chaton », etc ce sont des marques d’affection platonique, ils se le permettent parce qu’ils savent ce que c’est réellement pour eux et parce que Ducon et moi ne sommes pas témoins mais oublient bien vite à quel point ça peut nous blesser et aussi déplaire à nos proches. Il a reconnu s’être mal comporté face aux efforts que je fournis et dont il a rêvé pendant si longtemps, que des limites ont été dépassées etc mais il a tenu à me faire promettre de ne rien envoyer à personne…
J’ai répondu oui machinalement, je ne me sentais pas en position de négocier à ce moment-là et il était 4 ou 5 heures du matin voire 6, il avait mon visage entre ses mains, (je n’ai pas eu peur qu’il me frappe, il n’allait pas le faire et ne le fait jamais !), j’étais sous l’emprise de médicaments, sur le canapé dans le noir et très secouée par ma découverte, mes pleurs et par le fait que je m’étais trahie moi-même aussi… Je n’avais pas la place pour réfléchir et j’ai acquiescé en hochant la tête parce qu’il insistait, avant ça il avait au cours de la dispute ramené mon ex sur le tapis alors qu’il n’en a plus entendu parler depuis des lustres et il me donnait l’impression de se justifier avec ça, ça m’a beaucoup frustrée et drainée mentalement. C’était un oui pour faire plaisir, sous la pression.

Donc hier j’ai passé une partie de la journée à dormir après cette nuit blanche et à mon réveil tout ce que j’avais comme message c’était un « bon appétit » le midi suivi d’un unique emoji bisous.

Je n’ai toujours droit qu’à cette petite quantité visiblement. J’ai attendu des nouvelles de la situation, j’ai cru dur comme fer qu’il allait m’annoncer lui avoir parlé et enfin posé des limites qui respectent les sentiments qu’ils sont supposés avoir pour Ducon et moi et ceux que nous leur portons.
Rien. Nada. J’ai passé des heures à m’en vouloir et me sentir comme de la merde, à espérer qu’il me raconterait à son retour le soir venu et toujours rien, il est allé faire la sieste sur le canapé. Je n’étais toujours pas assez calmée et d’un coup ça a fait tilt dans mon esprit :

« Oh mais cette promesse qu’il a voulu me faire faire c’était pour la protéger ! »

Et j’ai attrapé mon portable au bord de l’évier, j’ai commencé à taper tout en lui jetant des coups d’œil depuis la cuisine, il ne bougeait pas, il dormait vraiment cette fois…
Je pensais que je ne pouvais donc pas lui faire confiance et que s’il ne posait pas des limites entre sa collègue et lui comme des grands qui soi-disant veulent arranger les choses dans leurs couples, il fallait que moi j’en pose ! Je constatais qu’il n’avait pas eu de nouvelles d’elle suite à ce magnifique message que j’avais découvert et que donc ils ne s’étaient peut-être pas parlé de la journée, qu’il n’était apparemment pas pressé de « gérer les choses tout seul en interne » et surtout qu’il ne l’avait pas supprimé…

«  Coucou ! Alors du coup t’as passé une bonne journée ? J’imagine qu’elle a bien commencé en tous cas… Le message tout tendre de Chaton t’a donné un beau sourire comme il aime ? Vous vous êtes fait un gros câlin ? Qu’est-ce qu’il y a d’autre que je ne sais pas ? Avec tout ce que « Chaton » m’a dit à ton sujet je me suis sentie tellement mal ! Cette histoire de dépression post-partum a fait écho en moi et j’étais prête à faire tellement plus d’efforts envers toi, à la base j’ai vraiment cru qu’on pourrait peut-être arriver à être amies ou du moins essayer, j’avais envie de te tendre la main et faire table rase du passé mais au final à quel point vous me prenez pour une conne en fait ? Pour quelqu’uns qui veulent arranger les choses dans leurs couples respectifs vous en donnez vraiment pas l’impression ! Vous tendez le bâton pour vous faire battre ! Je sais vraiment pas quoi dire d’autre… Et je te rassure j’en ferais rien savoir à qui que ce soit, moi au moins j’apprends de mes erreurs et puis ça sert à rien d’essayer de m’immiscer dans ta relation pour « une bonne raison », après réflexion c’est mieux en fait que tu restes malheureuse avec un crétin fini à la pisse qui utilise votre gosse pour te manipuler, je vais arrêter de te plaindre pour la vie que tu as toi-même choisie… Ça me fait vraiment très mal au cœur de te le dire mais du coup les « Chaton », les câlins, les « je t’aime », les ❤️🥰😍😘 (emojis d’amour), les soirées, les anniversaires et tout ce que j’ignore encore c’est terminé, je veux plus te voir sous mon toit ni entendre parler de toi, débrouilles-toi pour que je ne vois plus « Chaton » réagir à des notifications de [nom de la collègue]* si tu tiens tant que ça à ta famille dans laquelle tu es si malheureuse. »

Je l’ai dit, je n’étais vraiment pas calmée…
Peu de temps après ça Monsieur s’est réveillé et parlait avec elle sur Snapchat en cachette puis il est venu ensuite me demander tout innocemment si j’avais envoyé quelque chose à quelqu’un parce qu’il avait reçu « un message bizarre ». On s’est disputés bien sûr et il m’a demandé si je l’avais menacée ce qui pour moi n’était pas le cas et en relisant mon message il a confirmé que j’avais fini sur une menace, j’étais tellement pleine d’adrénaline que je ne me suis pas relue ni posée pour réfléchir à ce que j’allais envoyer !
Je lui ai donc renvoyé un message pour lui présenter mes excuses pour ma réaction et mes propos et lui promettre que je ne lui ferais rien et à ses proches non plus mais qu’en plus je n’étais pas opposée à leur amitié, juste à leur manque de limites dans cette relation et que je me suis sentie blessée et trahie en tant que femme de sa part, une autre femme, et dans mon couple.

Sa réponse suite à ça me fait encore mal aussi, « je suis partie en cacahuètes la première fois, et je repars en couille, c’est trop pour elle ».
Je suis très très mitigée face à ce que je ressens après ces histoires et nos échanges, j’ai eu envie et ai encore un peu envie de lui répondre « À qui la faute pétasse ? Je t’avais rien fait à la base ! » mais bien sûr je ne lui dirai pas ces choses-là, je ne lui dirai plus rien du tout, et en même temps je pense « Elle a raison, j’ai pété un câble une première fois et je recommence ! », j’ai envie de me confondre encore en excuses, et dans les excuses que je lui avais présentées au sujet de la première fois que j’ai dépassé les bornes je crois que je lui avais dit que je ne recommencerai pas ? !

Purée… Purée !! !

Et je le pensais sincèrement pourtant mais je n’ai pas tenue cette promesse ! J’ai recommencé à faire du mal autour de moi !
Puis je me répète en boucle que si elle a dit à Monsieur qu’elle couperait les ponts si jamais ça devait encore affecter son couple toutes ces remarques au travail de la part de leurs collègues c’est que peut-être ils ont eu des gestes qui nourrissaient -pas nécessairement à juste titre- leurs fantasmes ? Qu’elle l’aime mais que si elle avait un choix à faire elle choisirait la famille qu’elle s’est construite avec Ducon. Si ses comportements vis à vis de mon copain ne changent pas même après que je sois intervenue deux fois pour faire savoir que ça me fais du mal et que j’ai essayé de pousser son mec à en faire de même, sa seule solution soit de couper les ponts, je dois avouer que je prends ça comme une forme d’aveu qu’elle ne tient pas à faire attention aux conséquences de ce qu’elle dit ou fait avec lui sur les autres.

Je me trompe peut-être mais en tous cas c’est vraiment une idée que je n’arrive pas à m’enlever de la tête ! Puis je l’ai vue à maintes reprises avoir cette attitude ambiguë avec d’autres hommes, en couple aussi pour certains, rien que lors de cette fameuse soirée sushis à la maison, c’est inscrit en elle il faut croire…
J’entends à nouveau la voix de Monsieur dans ma tête qui s’énerve en me répétant qu’il ne lui a pas fait du « rentre-dedans » lors de son anniversaire comme sa mère lui a dit et qui m’explique qu’il l’a prise entre quatre yeux dehors pour lui demander à quoi elle jouait après qu’elle ait crié « C’est mes fesses ça ! » devant tout le monde lors du gâteau quand il est passé derrière elle… Je me souviens vaguement l’avoir entendue d’ailleurs lorsqu’elle a prononcé ces mots mais je me forçais tellement toute la soirée à calmer mon imagination et mes insécurités, à concentrer mon attention ailleurs que sur eux que du coup je n’ai pas compris que c’était à lui qu’elle s’adressait et c’est pour ça que ce souvenir est vague.
Je ne sais plus à quel moment durant notre nuit de dispute ou le lendemain lorsqu’il est rentré du travail, il m’a lancé « Tu vas encore aller écrire dans ton journal pour te faire plaindre ?! ».

Il sait comment marquer des points ! (Sarcasme)

Ça m’a fait très mal en vérité…
J’écris ce journal parce que c’est ma mémoire, je le tiens pour extérioriser et pour NORMALEMENT éviter ce que j’ai fait pour la deuxième fois maintenant, pour prendre du recule, réfléchir, me remettre en question, apprendre à connaître celle que je suis devenue et que je ne reconnais pas, c’est la seule forme de thérapie que j’ai à l’heure actuelle et Dieu sait à quel point j’ai besoin d’une thérapie putain ! (Pff je crois même pas en Dieu… Bref, je m’égare). Si j’ai des retours extérieurs c’est du bonus à défaut d’avoir une psy qui m’aiguille sur les questions que je dois me poser pour avancer ! Et il faut qu’elle consulte cette fameuse psy que j’ai besoin de voir !

Pour conclure :

• J’ai eu le culot de dire à cette nana que j’apprends de mes erreurs contrairement à elle alors que ça n’a pas été le cas. J’ai clairement voulu péter plus haut que mon cul et j’ai été à fond dans le jugement.

• Quand on me fait du mal ma première réaction est de faire payer en retour. Parfois très fort. J’ai l’âme à punir. J’ai traité le mec qu’elle aime de crétin fini à la pisse… J’aurais pu garder ça pour moi non ?

• Je me suis trahie et je ne me suis pas conduite en accord avec les valeurs que je veux porter. J’ai été très mauvaise, contradictoire et hypocrite.

Monsieur a l’air de profondément m’en vouloir de « lui avoir fait perdre une amie ». Ce sont ses propres mots. CETTE amie en particulier.

Me revoilà encore une fois à marcher sur des œufs avec lui !
Je ne suis toujours pas contente du coup parce que je n’ai pas eu ce que je voulais. Je ne suis toujours pas contente parce que j’ai détruit alors que je voulais guérir et réparer autour de moi… Tout ce que j’ai pour me consoler c’est que « Rome ne s’est pas construite en un jour », « l’erreur est humaine » et une leçon à tirer de tout ça et j’ai bien intérêt à l’apprendre cette fois !

Je me déçois moi-même, que peut-il y avoir de pire ?

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* Oh purée ! Heureusement que je me suis relue dans le but de corriger mes fautes d’orthographe, de grammaire, ponctuation, etc, et pour m’assurer que je n’oubliais pas les choses qui me venaient à l’esprit et que je voulais insérer dans ce texte douloureux parce que du coup j’ai bien failli oublier de rendre anonyme le nom de la collègue et maintenant ex-amie de Monsieur !! ! Je n’ose imaginer les conséquences qui seraient venues s’ajouter à tout ça !! ! Je vais me relire encore une fois très lentement pour être sûre…