Fall

17-10

Je me lasse déjà d’Instagram et je ne cesse de voir des publicités incitant à devenir « influenceuse » alors que je n’ai rien demandé… J’ai tout de même été refaire un tour pour voir plus en détails la source de l’offre que l’on m’a faite la dernière fois, il s’agit de féministes venant de New-York qui ont créé des t-shirts sur lesquels il est écrit « pro-choice » et il est dit dans la biographie du compte que les bénéfices des ventes sont reversés à un planning familial, ça m’a fait rire, ils ont mis dans le mille ! Je vais garder en tête leur initiative, mais pour le moment je ne tiens pas à représenter quoique ce soit, je ne veux pas être un visage ou un nom...
Je ne veux pas être une vendue...

J’ai passé la majorité du week-end avec Monsieur et la bande au bord du Cher, c’était agréable par ce temps en revanche, j’ai attrapé des coups de soleil en dépit de mes nombreuses couches de crème solaire, c’est très douloureux. Hier soir en rentrant, Monsieur a fait une remarque que je n’arrive pas à m’enlever de la tête : « je suis pas fait pour vivre en appartement...». Je mourrais d’envie de lui répondre que moi je ne suis pas faites pour une vie dans un trou perdu de campagne mais me suis seulement contentée de me mordre la lèvre en regardant par la fenêtre. Il y a quelques jours on s’est beaucoup disputés à ce sujet, ses parents veulent le mettre à la porte et il n’a nulle-part où aller excepté chez moi mais je ne veux pas de lui non plus pour les mêmes raisons que les leurs. Il ne participe pas aux tâches ménagères, il est bruyant lorsqu’il joue à ses jeux vidéos et/ou discute en ligne avec ses amis, et puis vivre seul c’est la liberté, l’intimité... Je vais être privée de ça désormais...
De plus, je n’ai pas oublié ce qu’il m’a fait… On en a reparlé il y a peu aussi et il a tenté de me faire… Changer d’avis ? Ça m’a beaucoup blessée qu’il maintienne que j’avais peut-être rêvé et qu’il jure qu’il ne m’avait pas touchée sous mes vêtements et sous-vêtements, entre les jambes ou sur les fesses lorsque je dormais sur le ventre, qu’il ait soit-disant oublié ce qu’il s’était passé… Cette histoire me met encore les larmes aux yeux. Maintenant je suis forcée de dormir à ses côtés, tous les soirs je vais me coucher avec la peur qu’il recommence, je ne me permets plus de me promener chez moi en tenue trop légère ni de retirer mes soutiens-gorge qui me font mal, comme pour dresser un bouclier entre mes seins et ses mains baladeuses…

C’est arrivé au final, je vis avec lui. Je vis avec lui contre mon gré et je suis très malheureuse, je compte les quelques heures que j’ai pour moi seule la journée avant son retour du travail, je stresse, j’angoisse, j’en pleurs parfois et je redoute tous les couchers, je redoute ses mains sous la couette, ses baisers trop humides qui m’aspire la bouche et qui durent trop longtemps à mon goût, je redoute ses sollicitations pour que l’on ait des rapports qui ne me font pas envie, ses monologues au sujet de la série du moment ou de n’importe quoi d’autre… J’ai le sentiment de ne plus pouvoir me permettre d’être en dépression !

Je n’ai pas le choix, je dois être plus forte que la maladie ! Je sais au fond de moi que je ne veux pas mourir, je n’ai pas l’intention de faire la moindre tentative de suicide, je ne veux pas me faire davantage de mal et je ne veux surtout pas abandonner dans une telle situation, je dois reprendre le dessus et récupérer ma liberté, il est vital pour moi de vivre seule. Je me dois de tout mettre en œuvre pour être indépendante, si jamais il finit par me traîner dans un bled de campagne je ne pourrais m’en prendre qu’à moi.

Seulement après ça je pourrais vraiment me soigner.