Fall

Médication et culpabilité

Tout ce stress n’a pas été évacué, je refoule encore beaucoup de larmes et rumine toujours plus mon mal-être.

Mon lit empeste la betadine gynécologique, ça fout une sale ambiance dans mon appartement que je voulais avant ça être mon cocon protecteur.
Je n’ai rien mangé aujourd’hui, je ne parviens même pas à boire mon café préparé ce matin et réchauffé à maintes reprises dans la journée.
En rentrant hier j’ai déballé tous mes médicaments et les ai regroupés dans ma cuisine près de mes anxiolytiques et ma dernière plaquette d’antidépresseurs, puis me suis servie de l’eau pour commencer à me soigner. À la vue de cette quantité de médoc’ pour moi seule j’ai encore pleuré.

Ça représente à mon sens une violente prise de conscience sur la gravité de ce qui se passe en moi.

Je vais sortir mes poubelles, trier mes déchets recyclables et refaire un tour à la pharmacie pour reprendre le séroplex prescrit par mon psy. Je me culpabilise, je devrais au lieu de ça rester dans mon lit et me reposer, reléguer à quelqu’un d’autre toutes ces petites tâches.
À 20h je vais rejoindre mon copain et nos amis au bout de la rue dans un pub autour de quelques pizzas dont je n’ai plus osé rêver depuis des mois, je m’imagine déjà leurs regards lorqu’ils verront tout les comprimés que je dois avaler. Physiquement mon kyste n’a pas changé en dépit du fait que la gynéco a dit en avoir évacué les trois quarts.