Fall

Après coup

J’ai décidé aujourd’hui de rendre à nouveau mon journal publique en me remémorant la dernière fois que j’y ai songé et renoncé, puis je me suis demandé ce qui avait pu me pousser à sauter le pas.

Mon cerveau est comme un moteur diesel, il lui faut du temps pour qu’il démarre, c’est ce qu’a un jour déclaré mon institutrice en classe de CP, je garde encore un bon souvenir de cette femme parfois "gentille mais sévère" dont j’ai oublié le nom… Cette lenteur est l’un de mes points faibles. (Gentille mais sévère… Qu’est-ce qu’on a pu rire de moi avec ces mots dans ma bouche de fillette de 7 ans*...)

Je m’égare pour dire enfin que si elle a emprunté un long chemin jusqu’à mon esprit vagabond, la réponse était pourtant évidente.

Je me réponds donc à moi-même une seconde fois : Mes valeurs.

Ni plus ni moins. C’est ça mon délire dans la vie, une sorte de "mode d’emploi de bonne conduite", le féminisme entre autres.
J’ai été moi-même, je ne me suis pas torturé l’esprit pour anticiper les réactions à la bombe que j’étais sur le point de lâcher et ça m’a fait un bien fou derrière toute la colère et la déception que j’ai éprouvé. Je ne devrais oublier ça sous aucun prétexte !
Et puis j’ai quand même eu mon moment de doute, mon éternelle manie de me remettre en question, n’avais-je pas été trop dure, trop violente dans mes propos ? J’aurais peut-être dû mettre un filtre à ma parole comme j’ai l’habitude de faire… Ne pas laisser de côté ma douceur naturelle cette fois-ci… Mais ma "victime" (dont j’ai été la véritable victime dans cette histoire) m’a étonnamment fait prendre conscience que j’avais bien agi en n’essayant pas d’arrondir les angles. Il en a eu besoin autant que moi et derrière tous ses regrets il est content que je l’ai fait.
C’est une victoire et c’en était déjà une de ne pas en être restée là et de ne pas m’être laissée faire.
Je me suis témoigné du respect et j’ai respecté mes principes. Je suis très fière de moi et si c’était à refaire je n’hésiterai pas une seconde !

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* Je n’ai fait mon entrée en classe de CP qu’à l’âge de 7 ans, à 6 ans j’avais été transférée dans une classe de CE1 sans savoir lire ni écrire car celles de CP étaient déjà surchargées dans cette école de Guadeloupe où j’ai vécu un an.